Bonté humaine ! [Une histoire de pédales] | Bonté humaine ! | Le Verre à Moitié Plein

Bonté humaine ! [Une histoire de pédales]

C’est une histoire irlandaise comme il y en a plein, juste une autre preuve que ce pays regorge de gens attentionnés, gentils, sincèrement honnêtes – et amoureux de la Guinness (ce qui est déjà une qualité en soi). J’ai lu cette anecdote sur le blog lovindublin.com (en Anglais), et elle ne m’a même pas surprise. Elle était décrite comme une histoire invraisemblable, de celles qui vous font à nouveau croire en l’humanité, et c’est vrai que si on m’avait raconté la même chose mais pour Paris (au hasard), j’aurais été bluffée (du verbe « tu bluffes Martoni, ton arme n’est pas chargée »). Mais là, à Dublin… Du coup, je me rends (encore plus) compte à quel point j’aime ce pays. Et comme je t’aime aussi et que je te délaisse un peu trop en ce moment, je vais simplement te raconter la même histoire (mais en Français, bien que tu sois parfaitement bilingue, je le sais bien, mais avec la fatigue, la déprime hivernale, tout ça… bref, je te fais la traduction, t’inquiète).

vélo perdu
Vélo solitaire cherche antivol chaleureux…

Un matin, l’étudiant dublinois, Niall D’Arcy (oui oui, comme le mec de Bridget Jones, mais en Dublinois, donc en légèrement moins coincé), s’apprêtait à récupérer son vélo pour aller à l’université.

Il l’avait attaché, la veille, dans la rue – ou du moins, c’est ce qu’il croyait… Mais vlà t’y pas qu’à l’endroit où était supposé être le vélo en question, se trouvait un message. En le voyant, forcément, Niall s’est dit « Hu, shayte, some focker most have stolen me boyke, can ya believe it, lad?!! », ce qui signifie : « Oh zut alors, une personne mal intentionnée a probablement emprunté ma bicyclette et n’a aucunement l’intention de me la rendre. Mon Dieu, croyez-vous que cela soit possible ? » (enfin en gros, à peu de choses près). Bon, c’est vrai, vous allez me dire « euh ouais, ok, on lui a volé son vélo, et le mot, c’était pour le remercier, peut-être ?? ». Ça ou une demande de rançon du genre « On a ton vélo, tu as 24h pour nous donner 10,000 euros. Après ça, on commencera par lui enlever les pédales une à une et… ben après deux, on passera à la selle ! Alors fais pas le con ! » (Je crois que je vais me mettre à l’écriture de scénarios catastrophe, moi, je me sens prête).

Sauf que, contre toute attente, le mot indiquait simplement : « Votre vélo était mal attaché, nous l’avons donc pris pour le garder en sécurité. Contactez le commissariat au 01 666 9200 ».

Mot pour vélo gardé
Votre vélo était mal attaché, nous l’avons donc pris pour le garder en sécurité. Contactez le commissariat au 01 666 9200

Niall, un peu suspicieux tout de même (et si c’était un piège ?), a donc contacté la Garda (police irlandaise) pour en savoir plus. C’est là qu’il a appris qu’une habitante du quartier avait effectivement trouvé son vélo mal attaché et le gardait précieusement dans sa maison en attendant que son propriétaire vienne le chercher. Une fois son adresse notée, Niall s’est rendu chez son héroïne pour récupérer son bien, avec une bonne bouteille de vin en guise de remerciement. Puis, il se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Ah non, pardon, je m’emballe : le jeune Niall est juste reparti parce que bon, il avait cours, quand même.

Jolie histoire, non ? Car après tout, combien de personnes auraient soit ignoré le vélo (Ah bon, il était mal attaché ? J’avais pas remarqué dis donc !), soit l’auraient embarqué mais sans laisser de note…? Je ne dis pas que ça serait forcément arrivé ailleurs, ou que ça ne pourrait pas arriver à Dublin, mais quand même, après pas loin de 2 ans ici, je peux le dire : Les gens sont particulièrement chaleureux et toujours là quand on a besoin d’aide – exemple qui nous est arrivé un paquet de fois : en cas de panne sur le bord de la route, on n’attend jamais 3 minutes avant que quelqu’un ne s’arrête pour nous aider.

Je quitte ce pays dans quelques semaines (pour le Canada ! À suivre…) et beaucoup de choses vont me manquer : la pinte de bière au coin du feu, le grand soleil après la pluie après le grand soleil après la pluie (quotidiennement), les moutons, l’herbe incontestablement plus verte qu’ailleurs, mais surtout, surtout : les Irlandais.

Tant pis, j’ai pas le choix, que veux-tu : Je vais être obligée de revenir les voir :)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire