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Have you met Simon? (et voir le monde autrement…)

Dans une grande ville comme Paris, il est encore plus difficile qu’ailleurs de sentir qu’on fait partie d’une seule et même espèce, nous, les humains (Z’avez vu, je fais des efforts : je m’inclus dans cette espèce, pour une fois !). On passe notre temps à se croiser, à regarder le sol dans le métro (alors que franchement, il a rien de particulier, on est d’accord ?), à surtout éviter de se toucher ou de parler à un inconnu – même pour dire « bonjour » ou « pardon » (spéciale dédicace aux 47 personnes qui m’ont un jour bousculée sans se retourner, ils se reconnaîtront. Ou pas).

Cafe-parisien.jpgEt puis un soir, alors que vous êtes à la terrasse d’un café avec vos amies, en train de débattre du rencard de la veille (« Ah ouais, il t’a dit ça ?! Pfff non mais a-bu-sé le mec ! » – il est important de resituer le niveau de la conversation), vous vous trouvez à côté de Simon. Simon, c’est un mec de 49 ans, corse et parisien, joueur de poker et qui a eu 118 femmes dans sa vie (117 victoires et 1 défaite, comme il le dit lui-même – comprendre « 1 seule femme qu’il ait vraiment aimée au point d’en souffrir »). Simon, c’est le genre de personne qui vient s’asseoir seul à côté de 4 nanas et qui prend le risque de demander du feu à l’une d’elles alors qu’il a 4 briquets dans sa poche, quitte à se faire rembarrer par celles-ci parce qu’elles pensent forcément, au départ, « mais c’est qui, ce vieux relou qui nous sort un plan drague à 2 balles, là ?! ». Et finalement, Simon, c’est quelqu’un d’ouvert, qui raconte sa vie avec recul et auto-dérision, qui partage, échange avec de parfaits inconnus et interpelle toutes les personnes qu’il aperçoit parce qu’en fait, il connait toute la rue.

Je l’admets, au départ, j’étais la première à ne pas oser le regarder quand il nous parlait par peur qu’il nous ennuie, que ce soit un taré ou autre parano de Parisienne assumée (?). Parce qu’aujourd’hui, on réagit tous comme ça ou presque : On est sur la défensive alors qu’on oublie l’essentiel. L’essentiel, c’est qu’on est tous dans le même bateau. Oui, on a le droit d’adresser la parole à quelqu’un qui nous fait un sourire, on peut aussi le lui rendre, ça ne coûte rien et en plus, ça peut nous apporter quelque chose et à lui aussi (genre illuminer sa journée, la nôtre, bref, ça a un pouvoir de malade, vous vous rendez pas compte !). Et hier soir, alors qu’on était sur le départ à 21h (pas de réfléxion, s’il vous plait, on est 4 « vieilles » de 25 à 29 ans, on a besoin de nos 8h de sommeil, non mais !), on a fini par refaire le monde jusqu’à 23h (si on est pas des rebelles, franchement…) avec lui, rire, noter mentalement ses phrases cultes et, simplement, apprendre à connaitre quelqu’un qu’on ne connaissait pas… encore.

Simon, c’est lui, mais c’est aussi cet homme dans le métro, cette femme à la caisse du magasin où vous allez 3 fois par semaine, ce gardien d’immeuble, cette mère de famille que vous voyez tous les jours en allant chercher Junior à l’école, c’est lui aussi, et puis elle. Alors on garde l’esprit ouvert (Open minded, qu’il faut être, ou « aware » – attention, je me transforme en JCVD, rien que pour vous !), on regarde le monde différemment, on délie les langues et arrête de se conforter dans sa solitude, au moins de temps en temps. Allez, on y va !

Qu’est-ce que vous faites encore là ? ;)

3 réflexions au sujet de « Have you met Simon? (et voir le monde autrement…) »

  1. C’est vrai que des fois, on tombe sur des gens super sympa complètement par hasard. Malgré tout, perso, je reste sur mes gardes, il arrive tellement plus souvent que l’on tombe sur des
    enquiquineurs que sur une perle…

  2. Je rejoins Kimie : le plus souvent on tombe sur des relous, plus que sur des gens intéressants. A Marseille, en tout cas, les relous, ça court les rues ! Ah ça, on ne peut pas dire que les gens
    ne se parlent pas … Après, c’est juste le contenu à revoir ;-)

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