La France, tu l’aimes ou…? | La France, tu l'aimes ou...? | Le Verre à Moitié Plein

La France, tu l’aimes ou…?

Presque 30 jours déjà que moi, je l’ai quittée. Non pas parce que je ne l’aimais plus, loin de là ! Mais vous savez ce que c’est, les années passant, la routine s’installe, on se connaît par cœur (ou en tout cas, on le croit), les petites choses qui nous touchaient au début nous irritent au plus haut point, et on finit par se rendre compte qu’on reste ensemble par habitude, ou par confort… Quoi de mieux, dans ces cas-là, qu’une petite séparation pour faire renaître les premiers émois, la magie et la fougue des débuts ! (Si, si, je vous jure, je parle toujours du même sujet, là. Aucun message codé ne se cache dans ce paragraphe, non non. Amour, si tu nous regardes…)

Paris

Le temps passe et à la question « Do you miss home? » (Traduction : « As-tu le mal du pays ? ». Ouais, le Français c’est quand même vachement plus riche, comme langue, y a pas à chi…), je réponds encore « not yet! » (Traduction : « C’est une question extrêmement pertinente et je te remercie de me la poser, d’autant qu’on commençait à ne plus rien avoir à se dire autour de cette quatrième pinte. Alors de là à savoir que te répondre, dans mon état émotionnel actuel – provoqué en grande partie par la quantité de Guinness ingérée, Cf. ci-dessus – je ne suis pas sûre, mais je pense pouvoir affirmer que l’état de nostalgie que l’on connaît lorsque l’on s’éloigne de son « home sweet home » (oui oui, on a même le luxe de pouvoir utiliser l’Anglais, en Français) m’est encore étranger… Tout comme moi en ce moment, d’ailleurs, hu hu hu ! (rire jaune/pincé qui fait généralement suite à une blague à deux balles) ». En résumé : La France ne me manque pas. Du moins, pas encore…

Mais il y a fort à parier que, bientôt, je penserai avec regret à tout ce qui faisait mon quotidien (rappel : j’étais Parisienne, donc les points suivants risquent fort d’être assez ciblés sur la Capitale, je m’en excuse par avance auprès des provinciaux – et en même temps, quelle idée d’habiter ailleurs qu’à Paris, franchement ?), comme :

  • L’odeur du pain en passant devant la boulangerie. Certes, c’est une odeur artificielle, ajoutée uniquement dans le but de faire entrer le chaland (waow, elle connaît de ces mots, Suzie !), mais force est d’admettre que ça fonctionne. On se retrouve toujours avec deux « tradition », trois croissants et quatre pains au chocolat alors qu’on allait juste acheter une demi-baguette, à la base. Et on se retrouve à dire « Oh, c’est pas grave, on fera du pain perdu ». On parie qu’il finit à la poubelle, le pain dur ? Feignasse !
  • Le café en terrasse, au soleil (ou sous le chauffage qui te brûle le visage mais qui laisse tes pieds gelés, sans compter que c’est tout sauf écolo) à 2,70€ le mini-café ultra-prétentieux qui veut se la jouer expresso italien… Du coup, tu le bois en 3 minutes chrono, ce qui te laisse tout le temps d’aller te faire un vrai café-filtre à la maison, après (ça tombe bien, il reste des croissants) ;
  • Le métro… Non non, sérieusement, allez dans une ville sans métro, vous allez comprendre ce que vous perdez ! Comment je fais, maintenant, pour avoir près de 34 contacts physiques (et un peu moins de contacts olfactifs, mais ça reste trop…) en 22 minutes de bonheur claustrophobe ? Et la voix du conducteur qui, si prévenant, annonce après 18 minutes d’attente sous le tunnel : « Mesdames, Messieurs, le train est arrêté, merci de patienter ». Mais MERCI, heureusement que t’étais là, j’avais pas compris, en fait, qu’on était arrêtés, je pensais juste qu’on traversait le tunnel sous la Manche – mais sans bouger, ouais. Ouf, je suis rassurée, je vais seulement arriver avec 2 heures de retard au boulot, ça va !
  • Les gens. Je ne parle pas de mes amis, non, je parle des gens qu’on croise dans la rue ou dans le métro (le fameux). Ceux qui te disent « PARDON !!! » d’un air aimable en te bousculant, ce qui pourrait se traduire par « Tu vas le bouger ton gros c** oui ?! Tu vois pas que je suis pressé, j’ai une vie, moi ! ». Sans oublier mes préférés : Les pom-pom girls & boys qui t’attendent à la descente des trains, juste devant les portes, si excité(e)s de te voir qu’ils ne te laissent même pas descendre, ils se jettent sur toi tel(le)s des groupies et… Non mais arrête ton fantasme, en fait ils ne te connaissent pas, ils n’ont juste jamais compris comment se mettre sur le côté pour laisser descendre les autres gens, ou que ça n’irait pas plus vite comme ça. Ah, ces gens-là… qu’est-ce qu’ils me manquent !
  • Les Happy Hours, où on peut enfin se payer un cocktail à moins de 17€ et où la pinte de bière coûte moins cher que le coca (qui, lui, en vaut déjà 8)… En Irlande, on n’a pas d’HH (Happy Hour, tu suis ou pas ?) et on est obligés de payer nos pintes au même prix (4,50€ environ) quelle que soit l’heure, pfff… Trop abusé !

Non, vous voyez, définitivement, y a des trucs qui vont finir par me manquer, c’est sûr. Ah, la France… Moi, je l’ai quittée mais n’empêche, qu’est-ce que je l’aime :)

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