L’amour toujours : C’est encore possible ? | L'amour toujours, c'est encore possible ? | Le Verre à Moitié Plein

L’amour toujours : C’est encore possible ?

« Je promets de t’aimer, de t’honorer, de te chérir (et de faire la vaisselle) jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Cette promesse faite devant Monsieur le curé, c’était bien beau à l’époque de nos grand-parents (qui fêtent aujourd’hui leurs 65 ans de mariage : comme quoi, ils ont tenu le coup !) mais aujourd’hui, le texte a un peu changé : « Souhaitez vous prendre Gaston pour époux ? » – « oui, je le veux » (Euh… t’es sûre ? Gaston ? Vraiment ?!), point barre. Comme ça, au moins, on n’aura pas menti quand on divorcera 2 ans plus tard parce que Gaston ne met pas ses chaussettes au sale (merde !)…

Aujourd’hui, c’est facile de se séparer. Un avocat, un consentement mutuel (comme au moment du mariage), un gros chèque et paf ! On est prêt à lancer 50 invitations pour « fêter sa liberté » (eh oui, les Américains nous ont aussi refilé leurs « divorce party », en plus des EVJF – avec ou sans strip-teaseur mais toujours sans bébé, par pitié – et du père noël). Du coup, on se retrouve parfois à la fin de sa vie avec 8 mariages à son actif – dont 2 au même mec hein, tant qu’à faire (Elizabeth, si tu nous regardes) et une sensation d’indépendance (oui enfin… là c’est à la limite de l’animal sauvage, non ?) et de fierté non dissimulée (personne ne me possède, moi !). En même temps, personne ne t’a obligée à dire oui à chaque fois ! Mais où je veux en venir, en fait ? (T’inquiète pas hein, moi je le sais, d’ailleurs j’y arrive, justement)

Ce qu’il y a, c’est qu’aujourd’hui – et là, ça va paraître complètement contradictoire avec mon article sur le mythe du conte de fées, mais si tu lis bien, tu verras qu’en fait, non. C’est plutôt une suite logique -, sachant qu’on a toutes ces possibilités (divorcer et faire la tournée des bars pendant 2 ans à la recherche d’un mec différent chaque semaine, parce qu’avec tous ces poissons dans l’océan, pourquoi on se contenterait de bouffer de la brandade de morue jusqu’à la fin de ses jours, hein ?), on ne fait plus vraiment d’efforts pour entretenir – voire sauver – sa relation amoureuse. Alors que si ça se trouve, elle en vaut la peine. T’y as déjà pensé, à ça ?

« Pfff ça va pas du tout avec Jean-Luc ! Ça fait 15 jours qu’on se croise parce qu’il a un boulot monstre, j’ai l’impression de ne plus exister à ses yeux. Si ça continue, je crois que ça ne va pas faire long feu ! » (y a aussi la version masculine : « Ça fait 4 jours que Laura ne veut plus que je la touche ! »). OK. Mais sinon tu l’aimes ? « Ben… oui mais je vois pas le rapport, je te dis qu’il a trop de boulot ! » (« qu’elle est frigide ! »). Je caricature, mes lecteurs chéris, mais vous me connaissez, c’est ma marque de fabrique. Alors non, l’amour ne suffit pas (je sais, c’est moche mais c’est pourtant vrai), certes, mais quand même. Comprendre que, dans toute une vie (une vie entière, j’te dis !), on ait des moments « out », des hauts (9,90€ chez H&M) mais aussi des bas (eh oui), ça fait partie de l’amour, figurez-vous. Décider au bout de 15 jours d’une période difficile que Jean-Luc ne sera pas le père de ses enfants (ou Laura sa coloc’ à la maison de retraite), c’est un peu précipité, non ?

monica chandler couple complicesEn plus, le meilleur, c’est après les périodes de crise. On a l’impression de redécouvrir la personne qu’on avait un peu (seulement un peu) mise de côté ou du moins, qu’on considérait plus comme une voisine de chambre que comme l’Amour (avec ce fameux grand A) et de retomber amoureux, comme au premier jour. Parfois en pire, même. Ouais, en mieux, quoi :-) C’est du bonheur en voiture en voilà (copyright « toi qui me lis et qui te reconnaîtras »  pour cette expression, pardon, mais fallait que je la partage) !

Attention : évidemment, je trouve génial qu’on puisse divorcer, se séparer (en bons termes si enfants il y a) et ne pas se coltiner l’abruti de service (juste qu’on avait pas bien vu, au début, sous la lumière du Métropolis – ZE boîte du moment) toute sa vie ! Mais je dis juste que, quand on aime vraiment quelqu’un, qu’il y a la complicité, les rires, les discussions à n’en plus finir sur tout et rien, le sexe (oui, ça compte, on a beau dire) et l’admiration, on laisse une chance à sa relation. On revoit un peu ses exigences à la baisse (parce que Chouchou est un être humain – je sais, c’est moche mais pourtant vrai) et, 20 ans plus tard, on savoure le bonheur d’avoir un compagnon, un vrai.

Si je suis amoureuse en ce moment ? Pfff… C’est toi !

15 réflexions au sujet de « L’amour toujours : C’est encore possible ? »

  1. Tu veux que je te dise ? Je ne m’étais jamais fait la réflexion, tiens ! Pourtant, ça me paraît un peu évident. C’est vrai qu’on ne fait pas l’effort de le retenir alors que se battre pour de telles causes ça en vaut souvent le coup. Promis, dans ma prochaine relation, j’y songerai. Plutôt deux fois qu’une !

    • Arrête, tu vas me faire penser que j’ai une influence quelconque en ce bas monde ! Moi pareil que toi, avant je ne me prenais pas plus la tête que ça : ça ne me plaisait pas ? Next! Comme quoi, on mûrit, faut croire… Par contre, faut pas non plus s’acharner si ça n’en vaut pas la peine, on est d’accord hein ! ;-)

  2. C’est beau ce que tu racontes, je suis du genre à me battre aussi, mais souvent dans le vide (les efforts à sens unique ça ne suffit pas il parait).
    (nan mais t’as bu quoi avant d’écrire ? 9€ chez H&M ? mouhahaha )

    • Oui, j’étais inspirée (ou folle, au choix !) en écrivant cette parenthèse-là ^^ Bon ben l’exemple que tu décris, effectivement, c’est « next! », on est d’accord ! Là t’as le droit de te dire « je vaux mieux que ça ».

  3. Très bon article… ça aide à relativiser. Je pense que quand on a un moment de doute, qu’en plus on est fatigué et qu’on n’a pas envie de faire l’effort de prendre un peu de distance par rapport aux sentiments de colère et de déception qu’on peut avoir, c’est facile de se dire « oh puis zut, on arrête là »… mais comme tu le dis si bien, c’est trop facile de tout arrêter au moindre problème. Ce qui demande un vrai courage c’est d’accepter de se remettre en question.

  4. Tu as bien raison, c’est ce qui se passe souvent avec les couples de nos jours ! Moi, petite gamine naîve de 19 ans, je partage déjà ton avis. Pour moi, même quand ça bat de l’aile ou que l’autre ne nous a pas touché depuis quatre jours, il est de rigueur de se poser la question de l’amour avant de passer directement à la case rupture. Parce que si on part sur ce train là, tout le monde a des défauts, et personne ne finira jamais ensemble toute sa vie, non ?
    Mon copain a de très mauvais côtés qui m’ont déjà fait dire « MAIS IL M’ENERVE PUTAAAAIN ! », et pourtant, chaque fois je me demandais si je l’aimais, si notre relation en valait la peine, et la réponse était « OUI OUI OUI ». Alors je n’ai – presque – jamais rompu, et quand je l’ai fait, on est vite revenus l’un à l’autre ;)
    L’amour toujours, j’espère bien !

    • Bon là, j’aurais tendance à te dire « t’es jeune, profite, quand même hein ! », mais paraît que les relations qui commencent au lycée et se terminent à la maison de retraite, ça existe aussi, alors bon… enjoy ;-)

  5. Heu, ce n’est parce que je suis jeune que je vais sacrifier une relation qui en vaut la peine… (Si c’est à moi que tu parlais). L’amour qui dure n’est pas réservè aux adultes :)

    • Je suis avec mon compagnon depuis 3 ans et demi. On s’est mis ensemble à 17 ans et quelques. Tout le monde me dit que je suis jeune, que je devrais sortir avec d’autres mecs bla bla bla. Sauf que j’aime cet homme là. Et j’ai la chance d’être aimée en retour. Donc je suis comme toi. Je ne vois pas pourquoi je quitterais le futur père de mes enfants pour avoir de l’expérience. Profiter ? C’est ce que je fais. Et pas en couchant avec le premier venu rencontré en boîte.

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