Morue d’eau douce, c’est pas une insulte, si ?

À la base, ça part d’une bonne intention : se (re)mettre au sport. Voilà donc quelques années (deux, environ) que, chaque mois de septembre, c’est décidé, je me prévois une séance hebdomadaire à la piscine. Et croyez-le (ou non), c’est déjà un effort de reprendre cette résolution chaque année (oui, à partir de 2, t’as de le droit d’employer le mot « chaque », cherche pas, j’ai vérifié) en ignorant royalement les sourires moqueurs des gens autour qui sous-entendent « mouais, et tu vas arrêter au bout de 3 semaines, comme la dernière fois… » et autres contrariétés.

Piscine-municipale-Paris.jpgDéjà, ça, c’est acté : je suis courageuse ET sportive. Ça fait donc 4 mois (septembre + 2 semaines pour acheter le bonnet + 1 mois pour arrêter de prévoir un apéro tous les soirs de la semaine + 2 mois pour trouver une coéquipière = mi-décembre, à peu près, que j’ai commencé) maintenant que, tous les mardis, je me rends à la piscine municipale – du moins, dans l’une des nombreuses que l’on peut trouver dans la Capitale. Au début, c’était le bonheur : -10° dehors et donc, personne dans l’eau. C’est psychologique : S’il fait froid, vous ne pensez pas au bien être ressenti en franchissant la porte d’un bâtiment chauffé à 30°, ni à l’impression qu’on a d’entrer dans un bain, quand on entre dans l’eau. Donc, vous évitez la piscine (et quand je dis vous, j’entends « pratiquement tous le monde et particulièrement les spécimens que je vais décrire plus bas – t’as vu comme je fais du teasing pour te garder, lecteur adoré ?) et tout ce que j’en dis, c’est : Merci.

Seulement voilà, il fait maintenant plus de 10° et SURTOUT, on est passés de la période « fêtes / froid / raclettes » à « mars / c’est le printemps / va bien falloir que je sois à peu près potable dans mon maillot de bain cet été au Club Med » (Oui, les jours rallongent, les phrases aussi). C’est donc avec regret que j’ai constaté, lors de mes dernières séances (car assidue je suis, cette année) l’arrivée d’une nouvelle espèce dans les lignes de MA piscine : j’hésite… des poules d’eau (ça caquette pas mal) ou des morues ? Je crois que c’est un genre hybride. Vous voyez très bien de qui je parle. Elles ont les particularités suivantes :

  • Je viens en bande (pas forcément à 2, non, ce serait trop cool pour les autres nageurs) ;
  • Je profite de cette « sortie » pour raconter ma semaine à Copine, toute façon, on est là pour ça, non ?
  • Pendant qu’elle « nage » (une sorte de brasse) vers l’avant, moi je nage à 1m devant elle, une autre sorte de brasse complètement louphoque, de dos (et pas sur le dos – trop facile), de façon à pouvoir la regarder quand elle me parle. Ce serait impoli sinon. Et on fait nos « longueurs » comme ça. Le plus leeennntement possible, surtout. En plein milieu du bassin. Les autres, qui veulent VRAIMENT nager ? Pas vu ;
  • Dans les vestiaires, je dis des phrases comme : « Oh là là, ce que je suis contente d’aller à la piscine avec vous ! » ou « j’ai failli annuler, j’suis cre-vée ! J’te dis pas la journée que j’ai
    eue ! » (Oui bah justement, attends d’être dans l’eau pour la raconter, t’as raison, sinon tu contredis le point précédent) ou encore « en plus j’suis pas épilée… ».

Sérieusement, les filles, vous connaissez, sinon, les bars ? (ou le téléphone ?)

Après ça, chers lecteurs, comment voulez-vous que, chaque mardi (pareil, à partir de 2, t’as le droit de dire « chaque ». Mais si t’as bien suivi, ça fait plus de 2 mardis, que j’y vais, en tout. Comment je t’ai eu !), je me remotive pour assister à ça ? Ça n’a RIEN à voir avec le fait que ça soit contraignant, comme activité, ou que j’irais bien boire du rosé sur les quais à la place (toute façon, quand il fera plus de 20°, je pourrai pas faire autrement), non. Mais avouez que faut se les farcir, les morues ! (NB : Recette de la morue farcie… à chercher sur Marmiton)

Bon, allez, on dit que je prends sur moi. Parce qu’à part ça, nager, ça galbe les cuisses, ça gomme la cellulite, y a aussi des nageurs sympas à regarder et surtout, le jap’ qui suit, avec ma coéquipière, où on se raconte notre semaine, c’est le moment que je préfère… Ouais. On a toutes une morue en nous :)

(Astuce pour les prochaines fois : Pour le retour à Vélib’, sous la pluie, garder le bonnet de bain à disposition…)

3 opinions sur “Morue d’eau douce, c’est pas une insulte, si ?

  1. Très bon ton article !! C’est bizarre, on doit avoir les même morues dans « ma » piscine municipale….

    J’ai le même exemple avec les cours d’aquagym. La morue aime ça, elle peut y venir avec ses copines si possible avec un maillot 2 pièces qui ne tient pas (super pratique pour l’aquagym), qui
    prend toute la place, papote avec ses morues et ne fait pas du tout attention à ces mouvements et les personnes qui l’entourent. Résultat, toi qui vient faire du sport, tu te prends des coups de
    pieds en veux tu en voilà et t’entend même plus les explications du prof… 

    Autant dire que je compatis à ta souffrance, on devrait monter une ligue, la ligue du « non aux morues envahissantes pour pouvoir profiter et nager tranquille! ».

    Qu’en dis tu ? ;)

     

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