Rire de tout : Plutôt deux fois qu’une !

Non, je n’ai pas envie de changer ce titre en question et de partir sur une argumentation façon sujet de philo du Bac. Je suis complètement d’accord avec Desproges, qui a même ajouté : On doit rire de tout !

Humour noir rire de tout

Ne te méprends pas sur mon compte, petit scarabée (oui, j’avais envie, ne me demande pas pourquoi…), je ne dis pas qu’il faille regarder quelqu’un se faire lapider et partir dans un bon gros fou rire en se tapant sur la cuisse (comme dans les BD – ils font ça pour qu’on voie bien que le mec se marre, tu sais – comme si on l’avait pas déjà compris avec le « Ha ha ha » en gras dans la bulle, tu nous prends pour des brêles, ou quoi ?! – mais je m’égare). Je sais, ça paraît absurde, comme argumentation, mais je jure avoir lu ce type de propos sur Google (pour la partie « non, on ne peut pas rire de tout », ça va de soi). Faut toujours qu’ils partent dans l’extrême les gens. #LesGens, comme disent les twittos (Je m’adapte à mon lectorat, t’as vu ça un peu ?).

Le rire, c’est la santé

Comment ça, c’est « le travail », normalement, dans la citation ? Pfff, arrête de dire n’importe quoi, s’il te plaît et laisse-moi parler, veux-tu ? Bon, partons d’un fait qu’on ne peut pas nier : Rire, c’est trop d’la bombe (bébé). Déjà, ça te fait les yeux qui brillent (surtout quand t’en pleures), les joues roses (pfiou ! Fait chaud !) et les abdos (ouais ! Mieux que la gym suédoise !). Sans compter que ça renforce la complicité entre les êtres (waow, c’est beau ce que je dis…) et que ça augmente la durée de vie (CQFD, quand t’as les joues roses, des abdos et des gens qui t’aiment, tu ne peux que vivre plus longtemps ! Ben si !). Après cet argumentaire digne d’une des meilleurs critiques de Zemmour (et même de l’autre Eric), tu ne peux que te dire : C’est trop cool de rire, moi je veux rire, mais comment ça marche ? (Hein que tu te dis ça, petit scarabée ?)

C’est ça le truc : Avouons-le, dans notre société de m… hum, actuelle, on aurait plus de raisons de pleurer que de rire. Sauf si tu te fermes complètement au monde qui t’entoure, en ne laissant rentrer que « On va s’gêner » dans ton Ipod et la chaîne Comédie sur ta TV (encore que), soyons honnêtes : y a pas toujours de quoi rire. Sauf que si, justement, vu qu’il est possible de rire de tout. T’étais où, toi, pendant le début de l’article ?

Vraiment de tout ?

On y vient. « Mais Suzie, t’admettras que par exemple, un handicapé, déjà qu’il a pas eu de chance, on va pas en plus se foutre de sa gueule hein ? Vaut mieux rire de son coloc’ belge, qui, lui, a l’habitude ! Gnark gnark gnark (rire graveleux) ». Déjà, différencier un Belge d’un handicapé, c’est limite, mais en plus, j’ai envie de te dire : Et pourquoi on l’épargnerait, l’handicapé, hein ? Déjà qu’il a des places de parking à ne plus savoir qu’en faire, faudrait en plus qu’on soit gentil avec Pas-d’bras-pas-d’chocolat ?!

Peut-être que là, tu t’es dit « elle va trop loin » et tout le discours du « politiquement correct » qui va avec. C’est normal, j’ai fait exprès, même que j’ai pris le risque de perdre 65% des lecteurs en cours de route (je suis trop une ouf dans ma tête, mais j’ai été inspirée par le côté rebelle des Spice Girls, faut dire). En réalité, toi qui me connais, tu devrais savoir que je fonctionne au 4ème degré, minimum. J’exagère tout volontairement, je vais souvent du côté obscur de… la blogosphère, juste pour qu’on comprenne bien où je veux en venir.

Mais avec finesse…

Alors que l’important, c’est de ne pas tomber dans la moquerie (trop facile !). Rire de quelqu’un dans son dos, par exemple, c’est moche – même si ça soulage. Mais je ne vais pas te faire la morale. Par exemple, si tu te fous – attention, ceci est un sujet grave – du nez mal refait de l’une des prétendantes du Bachelor, ce sera forcément dans son dos puisqu’elle ne sera pas là pour en rire avec toi (oh si, ça la ferait rire, sûr), mais en même temps, elle l’a bien cherché (comprendre : C’est fait ex-euh-près, ces émissions-là, donc ça ne compte pas). Mais si t’as envie de sortir une vanne sur l’un de tes potes, avoue que c’est vachement plus drôle quand il est là pour répliquer, non ? (Fais gaffe, ça peut faire mal, mais comme tu sais rire de tout, tu sais aussi rire de toi. Classe.)

Pour ce qui est de la misère, de la mort, de la maladie et de tous les malheurs des uns et des autres : Non, ce n’est pas drôle, bien entendu. Mais être capable de faire du second degré avec un sujet grave, ça prouve 1/qu’on est doté d’une certaine forme – ou d’une forme certaine – d’intelligence (attention, ça ne marche que si la blague est drôle, sinon c’est juste lourd…) et 2/qu’on est capable de voir la vie du bon côté, quoi qu’il arrive. Parce que finalement, c’est là où je veux en venir (830 mots plus tard) : Rire de tout, ça permet de mieux vivre les choses. Il suffit juste de savoir doser et d’avoir suffisamment de finesse pour choisir les bons moments - et, parfois aussi, les bonnes personnes…

Au pire, on prend le risque de ne pas plaire à tout le monde (et de faire le tri ?) mais ça aussi, ça peut rendre la vie plus légère !

11 opinions sur “Rire de tout : Plutôt deux fois qu’une !

  1. Je pense que selon nos expériences et notre vécu, il y a des choses à propos desquelles on ne rit plus trop.
    Perso, Alzheimer ne me fait plus rire du tout.

    Je ne sais même pas si c’est une question de sujet ou de finesse et de talent et comme tu dis de second degré. C’est peut être bizarre mais dans l’émission de Ruquier, il ya Jerémy Ferrari. On aime ou on n’aime pas mais ce type arrive à faire rire des gens sur TOUS les sujets, même les pires. onc c’est sûrement la façon dont on le fait qui fait tout.

    Sinon, je suis assez bon public en général

    • Je l’ai vu en spectacle, Jérémy Ferrari et j’adore. Idem pour Gaspard Proust. Je pense aussi que selon les sujets et les personnes, ça varie ! C’est pour ça qu’on a intérêt à faire gaffe avant de faire de l’humour, parfois, sauf si on se fout de choquer, comme les deux personnes citées plus haut (mais qui ont suffisamment de fans pour se le permettre – bizarrement, au bureau, par exemple, je ne peux pas en dire autant…)

  2. Je suis bien d’accord pour dire que l’humour dépend de la façon dont on l’annonce !! Très souvent, quand je balance une vanne ou que je taquine quelqu’un, on prend mes propos au premier degré et on me considère comme méchante. Alors que je voulais juste faire de l’humour ! Du coup, je réfléchis beaucoup avant de parler et je garde un bon paquet de répliques drôles dans ma tête, juste au cas où…

  3. oh que j’aime cet article!
    je suis en fauteuil roulant, ou avec ma canne, depuis deux ans; j’ai décidé dès le début qu’il fallait rire de tous les soucis qui allaient en découler, sinon on serait tombé dans la déprime mon mari et moi;
    et on a pris des sacrés fous rires ^^
    il existe tant de problèmes graves que si on ne rit pas de ce qui ne l’est pas on ne peut pas s’en sortir, et les antidépresseurs sont prescrits à tours de bras;
    je fuis les gens qui sont toujours en train de se plaindre, handicapés ou pas;

  4. On peut rire de tout… Mais pas avec n’importe qui. :) Et je confirme, pour comprendre le second degré, il faut avoir un cerveau. C’est pas donné à tout le monde ! ;)

  5. Aaaah ! Beaucoup aimé ton article !

    Et je suis bien d’accord avec LiliLili : rire de tout oui mais pas avec n’importe qui.

    Et pas à n’importe quel moment non plus car suivant l’histoire de chacun et les periodes de la vie, on peut être plus ou moins receptif à la p’tite blagounette qui étais tellement drôle dans ta tête avant que tu ne la sortes :) (et vu la tête de l’autre en face… ça le fait pas rire).

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