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Tes tics de langage, c’est juste pas possible !

En linguistique, un tic de langage se dit de certaines habitudes de langage machinales ou inconscientes, contraires à la grammaire et plus ou moins ridicules, que l’on a contractées sans s’en apercevoir. Manière de s’exprimer, qui relève du procédé ou de la manie.


C’est Wiki qui l’a dit. J’aurais pu commencer par une série de tics de langage célèbres, mais je n’ai pas voulu spoiler mon article en une ligne :) Toujours est-il que vous les connaissez, ces mots ou ces expressions que l’on dit tous (oui, même toi, là, qui te crois au dessus de tout le monde avec ton Français plus-que-parfait), tout le temps et jusqu’à épuisement du stock (c’est à dire : jamais).

Je lisais dans un article (figurez-vous que je fais des recherches, maintenant, avant d’écrire : si c’est pas du travail de pro, ça !) que cette manie est relativement récente et en grande partie due aux Média. En effet, depuis l’apparition de la télé (réalité) et/ou de la radio, on ne peut plus se permettre de… se taire. La parade est donc de meubler les silences, les blancs dans la conversation, et de se donner de la contenance en allongeant ses phrases (et donc sa réflexion) avec des mots tous trouvés et qui nous sont familiers, tels que « grave ! » ou « c’est clair » (Bon, c’est générationnel aussi, hein : les « ieuv », t’as vu, ils disent pas « grave ! », t’imagines ta mère dire ça ? – Oui, ta mère est vieille, c’est pas une insulte, c’est vrai. *Sauf toi, maman* – mais ils ont aussi des tics de langage, les vieux, faut pas croire). Quelque part, ça nous rassure, de pouvoir nous appuyer sur un « tout à fait » ou un « clairement ! » pour montrer notre accord avec ce que vient de dire le mec en face, là.

Exemple :

– C’est là qu’on voit que le monde est petit…
– Clairement !

Si on traduisait ce simple mot, en étant tout à fait objectif, c’est comme si on avait répondu : « Ouais bon, t’as pas autre chose à me sortir, comme banalité, là ? Oui, le monde est petit, tu parles d’une révélation, faut pas avoir fait Sciences Po pour le comprendre, ça, tu peux pas me dire un truc surprenant pour UNE fois dans ta vie, bordel ?! (Pour la peine, j’me casse, tiens) »

mylittleparis_article.jpgMoi, par exemple, paraît que j’en ai des tonnes (non mais vraiment : des TONNES), de ces machins-là. Je ponctue 75% de mes phrases d’un « quoi » qui n’a pas sa place à cet endroit-là, ce mot étant normalement utilisé pour dire « comment ? » de façon familière ou quand on est très très énervé, du genre : « chérie, j’ai fini le pot de Nutella hier et euh… j’ai oublié d’en racheter » >> « QUOI ??? » (Eh oh, c’est grave, comme aveu, non ?! C’était au petit déj’, en plus !).

À l’oral, ça donne ça :

« Attends, (ah oui, le « attends » est pas mal dans le genre, aussi) chef m’a convoquée dans son bureau, quoi ! J’ai halluciné (hop, un autre), genre
(ah, celui là aussi) il avait pas compris, quoi ! Tu le crois ? Ouais, abusé, quoi ! c’est clair (Aïe) »

À faire (du coup) :

Repérer quels mots on utilise à outrance (non, ce n’est pas une ville, cherche pas), pour essayer de limiter la casse – parce que soyons honnêtes, c’est non seulement agaçant pour votre auditoire, mais ça l’est aussi pour vous, ensuite, quand vous vous entendez. Si, si, écoutez-vous, vous allez voir : vous allez finir par ne plus vous supporter :)

Avant de dire quoi que ce soit, réfléchir. Prendre son temps. Et même dire la phrase dans sa tête avant de la sortir (sauf si c’est « Vite Monsieur le pompier, il y a le feu dans mon immeuble, j’habite au 38 rue des Tournesols et en plus je suis au 6ème étage et l’ascenseur marche plus euh ! » parce que là, c’est urgent, quand même. D’autant que vous êtes un peu con de pas prendre les escaliers…). Si elle contient l’un des tics recensés, enlevez-le. La phrase a toujours le même sens ? Gagné !

Moi aussi, je vais tenter. Je vous tiens au courant. Parce que là, c’est juste plus possible…

P.S. : Après relecture, je remarque que mes TDL à moi sont surtout des mots très courts : là, bon, ben, quoi, ouais… à l’oral, il y a aussi : « c’est clair » et « tu m’étonnes ». Dois-je en déduire que je suis bien trop souvent d’accord avec mon prochain ? NB : Dire « Moi je ne trouve pas » plus souvent :)

10 réflexions au sujet de « Tes tics de langage, c’est juste pas possible ! »

  1. Je ne supporte pas les gens qui calent des Euhhh dès qu’il y a un silence dans leurs phrases. Par contre les autres tics de langage ne me dérangent pas, et pire ma façon de parler se modifie en
    fonction de l’interlocuteur, et je me surprends parfois à utiliser les tics de l’autre ^^

     

  2. Oui mais si tous les gens avec qui on a des réunions contrôles leurs tics de langage, de quoi on pourra rigoler quand on s’ennuie pendant 2-3h assis sur une chaise ???! ;-)

  3. Hélas, c’est aussi ma triste réalité ! Le pire ? C’est que ça ressort même dans mes articles !

    La bonne nouvelle c’est que par moment je varie. Il y a une mode de tics chez moi. En ce moment, mon grand truc c’est « seulement » ou « c’est moche » (rien à voir avec le physique ou les vêtements).

     

    Je pense au psy…

  4. Rhaaa, celui qui m’énerve le plus c’est « Y’a pas d’souci » employé à tort et à travers par 95% de la population !

    Et puis aussi un best seller, le « c’est clair »… un peu pénible quand comme moi on s’appelle Claire…

  5. GRRR m’en parle pas ! J’ai une collègue, chaque fois qu’il y’a un micro blanc dans ses phrases elle dit « comment dire » et j’ai envie de lui dire « fais simple et COURT putain ! »

    Sinon, ton article est très bien !

  6. Même chose !!
    Allez, mon Top 8:
    – En fait
    – Au fait (petite subtilité)
    – …, quoi (comme toi, quoi – OOPS)
    – …, nan
    – c’est clair / mais carrément
    – tu vois ce que je veux dire (, nan) ?
    – relou (au moins autant que mes tics de langage)
    – ça craint

    En fait, c’est clair quoi… Mes tics de langage, ça craint du boudin, nan. ARGH ! Glossectomie mon amour !

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