Think positive #4

Savoir régresser, c’est tout un art. Et en même temps, c’est aussi simple que de manger une madeleine (Marcel, si tu nous regardes). Il y a des moments où, tout ce dont on a besoin, c’est retomber en enfance (« retomber » étant un terme péjoratif que je me vois obligée d’utiliser ici, pour rester fidèle à l’expression d’origine – mais sinon, j’aurais dit « retourner ». Vous me direz, je dis bien « régresser », mais dans le cas présent, c’est positif. Mais si, ne commencez pas à me contrarier).

Pas plus tard que ce week-end, Pâques, donc, pour vous resituer, j’étais chez mes parents. Déjà, je vous le conseille : Pour se sentir comme un enfant à nouveau, c’est une étape non-obligatoire, certes, mais qui aide grandement. Exemple : « Suzie, t’es assez couverte ? » / « Reprends du rosbeef, t’as rien mangé » (non, c’est vrai, seulement 3 tranches + 1kg de pommes de terre + 6 tranches de saucisson + la moitié de la baguette, sans compter le gateau qui va suivre et les 2 boîtes de chocolat avec le café : j’étais à 2 doigts de mourir de faim…) / « Comment ça se passe au travail ? Tu fais bien tout ce qu’on te demande ? L’autre jour, tu n’y es pas allée, ton chef ne t’a rien dit ?? » (« T’as fait tes devoirs ? »…). Bon, d’accord, décrit comme ça, ça ne vous donne pas envie, je le sens bien. Mais le côté positif, c’est qu’on peut en jouer, aussi, se laisser entretenir l’espace d’un week-end, dormir dans un lit une place avec sa peluche de jadis (ou naguère), regarder la télé en attendant que le repas soit prêt (Essayez de faire ça chez vous : vous pouvez toujours attendre avant d’être servis ! – Le livreur du resto jap’, ça compte pas. Tricheurs).

Ajoutez à ça le reste de la famille proche – c’est à dire les frères et soeurs, voire les cousins, mais pas vos enfants. Non, parce que là, pardon pour eux, mais ça gâche tout le concept, vous avez rien compris, hein ! – et éventuellement les animaux de compagnie (j’avais même emmené Jean-Mi, je suis pas TROP gentille, comme maitresse, franchement ? Je culpabilisais, ça faisait un moment que je n’en avais pas parlé. Vous aviez sûrement cru que j’en avais fait un sushi, mais non – pour les nouveaux lecteurs, vous pouvez avoir un bref résumé de « qui est Jean-Michel » ici) et vous avez déjà les ingrédients pour une régression en bonne et due forme.

Et pour le reste, laissez vous porter et autorisez-vous tout ce qui vous vient à l’esprit : Entamer une partie de cartes (belote, tarot, selon les habitudes ancestr… familiales, disons) après le repas, jouer à des jeux vidéo en parlant trop fort (en criant, en réalité) jusqu’à se faire engueuler par l’un des 2 parents (le « mauvais flic » du lot, y en a toujours un) et redoubler de mauvaise foi : « c’est pas moi, c’est lui ! », parler un langage codé incompris des parents et rire des vannes nulles des uns et des autres – mais entre enfants, on se soutient aussi dans la nullité…

kinder-jardin-paques.jpgEt « dernier mais pas moindre » (je parle Français, moi, Monsieur. Oui, je traduis littéralement, mais même) : profiter du dimanche de Pâques pour faire une chasse aux œufs, une vraie, où on court partout pour trouver le lapin Kinder avant les autres (oui, chez les vrais enfants, on aime les Kinder, pas le chocolat Le Nôtre qui coûte une blinde, qui est, certes, du vrai chocolat, mais qui n’est pas marron et blanc, comme il se doit. On aura pris soin d’aller acheter nous-même les chocolats, car les parents sont têtus, en passant pour des attardés devant le reste de la clientèle du supermarché parce qu’on aura été intenables, y a pas d’autre mot, dans le rayon « Pâques » – interdit, à ce moment là, de faire croire qu’on les prend pour de vrais enfants, les chocolats : où serait le plaisir, sinon ?), et où, encore, on en profite pour parler fort, crier, rire… On finit dans la cuisine avec son butin, à compter, comparer, échanger (un kinder surprise contre deux schokobons – « ça vaut pas ! »)…

Ou l’art de retourner en enfance. Et ne revenir que lentement à l’âge adulte, surtout pas trop vite. Mais prendre soin de faire jurer à sa mère de ne diffuser, sous aucun prétexte, les photos prises au moment du délit(ce). Ces moments là, on les garde pour soi :)

Expérience à réitérer autant de fois que nécessaire, pas trop souvent non plus sous peine de perdre tous les adultes qui nous entourent (et bon, quand même, on en a besoin, on a pas grandi pour rien…). Et garder, quoi qu’il arrive, une place pour l’enfant qui est en nous. Parce qu’il le vaut bien !

4 opinions sur “Think positive #4

  1. Comme je viens de le dire que un autre blog, je n’ai pas mangé un seul chocolat de paques cette année : j’en tends par là petit lapin, cloche, kinder ou autre. Je decrete donc cette paques 2012
    la plus pourrie de tous les temps. J’aurais bien aimé regrésser dans le jardin. Ma vie est moche. ;-)

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